« Le centre social, miroir de la vraie vie des habitants du quartier »

Un parcours en centre social – Adèle est une des deux agents d’accueil du centre social du Foyer fraternel de Bordeaux et son itinéraire vaut d’être conté.

Adèle, peux-tu nous dire rapidement qui tu es et ce qui t’a amené au Foyer Fraternel ?

« Italienne, de la région des Pouilles (dans la « botte » de l’Italie, sur le littoral de la Mer Adriatique), j’ai étudié à Milan où j’ai obtenu une licence en Arts et spectacle. J’ai pour passion la photographie. L’année 2017 a été un moment important dans ma vie. J’ai découvert Bordeaux en passant un séjour auprès de mon compagnon, également originaire des Pouilles alors doctorant en ingénierie à l’Ecole des Arts et Métiers de Talence.  Mariés en décembre 2017, nous avons un enfant de quatre ans, aujourd’hui scolarisé et parfaitement bilingue.

J’ai connu le Foyer Fraternel par son Atelier d’apprentissage de la Langue Française. J’y ai suivi un parcours intensif de deux ans qui m’a permis d’obtenir le diplôme DELF de niveau B2 nécessaire pour une inscription à un cursus universitaire. Malheureusement, cette inscription m’a été refusée, mes diplômes italiens n’entrant pas tout à fait dans l’échelle des équivalences. »

Quel a été ton parcours ensuite au sein du Foyer Fraternel ?

« Afin de pouvoir pratiquer une activité professionnelle tournée vers l’animation, j’ai poursuivi une formation BAFA et le centre social m’a ouvert ses portes pour y faire mon stage… A partir de là, tout s’est enchainé. Je deviens animatrice en 2021 et je rejoins l’équipe qui s’occupe de la tranche 5/6 ans (le mercredi et les vacances scolaires). J’y suis chargée à mi-temps, de l’accueil des familles en fin de journée ( faire le point avec les parents…). Lorsque le Foyer Fraternel a réorganisé son accueil, j’ai rejoint sur un second mi-temps ce service où je travaille en binôme.

Je suis donc passée en quelques années de la situation d’accueillie à celle d’accueillante. Mon parcours au Foyer Fraternel a été un véritable investissement qui me permet de comprendre les difficultés et les besoins qu’ont les gens qui viennent au centre social sans parler français. Cela me conduit naturellement à une attitude d’écoute plus riche et ouverte envers ceux que je reçois dans le cadre de mes fonctions. Je me sens très à l’aise dans une structure qui met en avant dans sa pratique l’écoute, le soutien, l’entraide et l’accueil inconditionnel, le respect de tous. »

Que dirais tu à une personne qui ne connaitrait pas ce qu’on fait dans un centre social ?

« Je l’inviterais à venir constater et mesurer ce qu’y s’y passe, ressentir l’ambiance du lieu. Je pense qu’il suffit de passer un peu de son temps au Foyer Fraternel par exemple pour se convaincre de la pluralité des publics qui le fréquentent. C’est un lieu privilégié, miroir de la vraie vie des habitants du quartier (et souvent au-delà). Et puis, il y a ce petit plus (comme on dit en France) qui fait que nos publics s’y sentent bien. J’incite les gens qui viennent au Foyer Fraternel à s’engager dans le bénévolat qui donne à la fois du sens social (aide à ceux qui en ont besoin) et des satisfactions énormes en retour. »

François RANSAN, reporter, administrateur fédéral, président du CA du centre Social Foyer Fraternel

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